Le sultan d'Istamboul
de Franck Venaille
Franck Venaille a toujours publié des
livres (romans ou récits) organiquement liés à une terre,
un pays, une ville. Ainsi, le cycle Caballero Hôtel, La Guerre d’Algérie
(Éditions de Minuit), La Tentation de la Sainteté (Flammarion)
et Cavalier / Cheval (Imprimerie nationale, Littérature) est-il
directement lié à la Flandre, sa langue et sa mystique. Ainsi
Jack-to-Jack (Luneau Ascot Éditeurs) met-il en évidence
la recherche de l’unité et de la grâce d’un couple vivant à
New-York, près de l’Hudson River. Ainsi le poète Venaille
a-t-il vécu à Trieste avant de s’en faire, par deux fois, le
commentateur et l’analyste dans Trieste (Champ Vallon) et Umberto
Saba (Seghers, coll. Poètes d’aujourd’hui). L’ensemble de cette
œuvre met en évidence le désir qu’a l’auteur d’acquérir
une identité nouvelle en jouant avec sa propre biographie.
Le matin du 29 mai 1453 le sultan Venaille le Magnifique, à
la tête de ses janissaires, s’empare de Constantinople. Il en fait «
la plénitude de l’islam ». Mais ce jour de gloire est également
lié pour lui à l’horreur : dans une embuscade tendue par sept
fuyards chrétiens il est gravement blessé. Aujourd’hui, cinq
siècles ont passé, mais celui qui fut l’un des plus grands
seigneurs de la guerre de l’Histoire s’interroge encore. Il se sait immortel.
Il est l’homme le plus respecté d’Istamboul. Son esprit est à
la fois plein de haine et d’amour. Et sa blessure demeure une douleur quotidienne.
Le sultan vit entouré de Mehmed le Pieux, son redoutable garde du
corps, et du petit noiraud, l’enfant adopté. Il doit affronter les
agissements meurtriers des mouettes et les remarques douteuses d’une bande
de corbeaux ne pensant qu’à s’enivrer, les pattes dans le Bosphore.
Le plaisir de vivre de l’enfant parviendra-t-il à arracher le sultan
à la mélancolie ? Quelles sont les causes profondes de son
angoisse ? Istamboul, tant aimé, est-il refuge ou prison ? Comment
un homme physiquement meurtri envisage-t-il l’existence ? À ces questions
graves le livre répond par un humour baroque et une écriture
affective.
« Les yeux fermés, j’écoute Istamboul
Des oiseaux passent, se rassemblent sur les hauteurs
Les pêcheurs retirent les filets des madragues
Les pieds d’une femme effleurent l’eau
J’écoute Istamboul, les yeux fermés. »
128 pages
12,4 X 19,2 cm
Poids ;
ISBN : 2-89046-219-6
Prix Euro : 15,00 €
Prix canadien : 12,00 $
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ISBN : Écrits des Forges
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