Naufragé en train de chanter un hymne urbain / Náufrago cantado un himno urbano
de Armando Alanís Pulido
Pour Pulado, le monde actuel n'a aucune carence
car il n'est rien. Devons-nous nous sentir quelqu'un que lorsqu'on nous interpelle
pour nous dire que nous allons rater le bus ? L'homme est l'abîme de
lui-même au bord duquel il n'a même plus le vertige ni la nostalgie
du vertige. Il est devenu le rien de lui-même dans une vie où
rien n'arrive.
Le poète est une chanson non écrite qu'il se chante en suivant
le courant car les hommes ne sont plus que les mots auxquels ils doivent survivre.
Toutefois, souvenirs et haleine bougent toujours au fond du cour incertain
mais inflammable du poète. Il se doit d'avoir l'oreille grande ouverte
« à cause du volume si bas de l'allégresse », de
la grandeur de l'enfance qu'on rejoue avec tant d'attente mais devant des
sièges vides.
Il ne reste que la poussière, les rumeurs, le chant passionné
de la ville et ceux, rauques, de la nuit à écouter -- du haut
d'une passerelle d'où le poète regarde la vie et espère
y trouver les yeux de quelqu'un -- pour continuer audacieusement à
respirer, et retracer, peut-être, les humains que nous sommes et recherchons
continuellement dans le brouillard de nous-mêmes. Notre miroir est brisé.
Il n'y a que la grandeur qu'on ne peut mesurer qui rend la lumière
humaine, permet d'épier le silence, de mordre la vie et de trouver,
peut-être, un poème pour se protéger du même monde
et de nous-mêmes.
Mais, conclut-il, « l'espérance est un bruit qu'au loin, quelqu'un
entendra. »
«La rumeur de la vie
me fait fléchir l’âme
et je me perds
dans le décolleté
profond de la ville. »
«El rumor de la vida
me flexiona el alma
y me pierdo
en el escote
profundo de la ciudad. »
104 pages
12,8 X 20,3 cm
ISBN : 2-89046-669-8
Prix Euro : 15,00 €
Prix canadien : 12,00$
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ISBN : Écrits des Forges
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