La garde
de Fabio Doplicher
Le titre de ce recueil, qui rassemble des poèmes
extraits de plusieurs livres, évoque anecdotiquement un village de
la côte varoise découvert par l’auteur lors d’un séjour
en Provence, mais il rappelle surtout l’état de vigilance qui doit
être celui du poète, face au vide spirituel généré
par la « fin des idéologies » en Europe.
Le chemin de la vérité est une voie secrète, alchimique,
qui traverse, en son « œuvre au noir », les restes, les ruines,
les immondices de notre société, et creuse la personnalité
humaine jusqu’à l’inconscient. Le poète perfore cette réalité
stratifiée en couches multiples, découvre en son lyrisme l’entrecroisement
de ses niveaux. Le sujet lui-même est en question, à tous les
sens du terme. Qui parle et de quoi ? Qui se raconte ? De quel tissu sommes-nous
faits, avec la trame de nos impressions et la chaîne de nos pensées,
par les navettes de la mémoire ? Ce temps de métamorphoses est
favorable à la mort du « vieil homme » en chacun de nous…
Mais c’est à une régénération que prétend
le poète « alchimiste », et à la conservation d’un
héritage de la pensée, revendiqué par des « intermèdes
» tour à tour évocateurs du matérialisme cosmique
lucrétien et de l’esprit des Lumières chez Diderot. Comme chez
Ezra Pound dont il nous semble que l’ampleur de l’inspiration et du rythme
peut être comparée à la sienne, Fabio Doplicher
fait de la poésie un exercice de pensée analogique qui prend
le monde actuel à bras le corps, pour le confronter avec celui des
époques passées et dégager l’issue humaine de nos impasses.
138 pages 12,9 X 22 X 1,1 cm
180 g
ISBN : 2-89046-699-X
Prix Euro : 15,00 €
Prix canadien : 15,00 $
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ISBN : Écrits des Forges
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