Traduit en espagnol : Gabriel Martín
Après être paru pour une première fois en français, en 2003, L’illusion du mouvement est aujourd’hui présenté dans une nouvelle version bilingue français / espagnol. L’illusion du mouvement suggère que le monde est d’abord soi, que nous sommes individuellement et collectivement indissociables du mouvement, qui lui, arrive à se placer entre le réel et le non réel. L’importance est de savoir interroger le passé autant que le futur, si on ne sait où aller.
les lèvres s’agglomèrent
la terre tremble
et s’essuie les mains de nos mémoires
le sang recommencera l’arborescence des oracles
pour rester humain
L’individu qui scrute ce monde dans la vie comme dans la mort se retrouve au centre de l’action, au milieu d’une longue interrogation dans l’essence du quotidien et dans le monologue de l’être. Parce que « compter les oiseaux morts / c’est se tromper sur le vent », il faut donc se munir d’une boussole. Ici, le poète est conscient des catastrophes et des lumières que l’individu perçoit comme une errance, tout comme il le ferait pour laisser des traces, une fois la langue morte plus belle que la mort elle-même. Dans cette urgence, il y a la maturité d’une écriture qui prend place pour durer.
la mer craque le temps
comme frappe le sang
d’avoir entendu les morts
parler sans parler
enfin rassurés de leur jeunesse
Carl Lacharité est né à Drummondville en 1973. Poète, pataphysicien, il a cofondé les Éditions Cobalt et le Festival de pataphysique ‘P, qu’il sert en qualité de Sous-Potentat et de Grand Chevaucheur de Paniques. En poésie, il a publié quelques livres et aussi des textes en revue. Il a participé à de nombreux événements artistiques au Québec, au Mexique, au Brésil, en France et en Belgique. Il a reçu le Prix Alphonse-Piché, le Prix Félix-Leclerc ainsi que le Prix International Saint-Denys-Garneau.
Nous connaissons l’intolérable exigence de l’excès
120 pages
13,1 X 19,2 X 1,0 cm
Poids : 150 g