numéro 56

 La rue



Illustration de la couverture (voir plus bas)

Étonnant voyage aux confins du levant
tu marches
je te regarde
et le ciel s'incendie.
La foudre n'y est pour rien
si le bleu remplace l'orage
aussi subitement que s'écarte l'éclair.

Une ondée ralentit ton rythme
je souris de te savoir dans ton propre périple
maintenant le soleil me réchauffe.

Qui pleure
dans la déchirure des frontières?

Étrange chemin
après s'être épris de soi
de l'autre
lieu   pays   ami
que celui qui conduit la mémoire
au but de l'enfance.

Quel voyage étonnant
aux confins du même
quand finit l'encombrement
des sentes intérieures. *

Qu'en est-il de la route, de la rue et du chemin parcouru par chacune? Question posée à ces écrivaines pour qui la voie devient tour à tour « ruga », ride, chemin, avenue, boulevard, sentier...

Qu'on fasse sa rue à partir de l'enfance, route tissée de souvenirs et de gestes posés, qu'on déambule dans les artères de quelque ville étrangère, qu'on s'attarde dans une rue famillère, ruelle ou sente, qu'on recherche cette rue-là, passage ou impasse, qu'on se balade de l'intérieur à l'extérieur, de l'extérieur à l'intérieur, qu'on y rencontre des mains tendues, des regards qui quêtent, des vies pétées ou des yeux qui renvoient la lumière, tous ces lieux d'ici, d'ailleurs et de nulle part, connus ou secrets, peuvent n'être que de Cocagne, des lieux d'armure, de blessure, d'amour ou de perte. Qu'on se gagne, qu'on s'égare ou bien qu'on suive attentivement sur quelque carte le nom des carrefours et des chaussées ou bien qu'on se bute à des cailloux ou à des trottoirs bien rectilignes, nous n'en finissons pas d'avancer sur quelque voix tracée dans nos vies, seules ou dans des bains de foule. J'ai suivi avec beaucoup d'émotion tous ces chemins découverts dans les textes de ce numéro et je vous souhaite à tous d'avoir le temps de les lire. Dans cette lente avancée du temps qui fait que chaque mots devient passage, ouvre et mêle tous nos chemin au point qu'on ne sait plus quel croisement choisir sinon celui qui mène à sa propre lecture, à sa propre rue.

Annie Molin Vasseur

* Extrait de « Le juste temps », poème en cours de publication



SOMMAIRE

Prix Arcade au féminin (1er prix)
Johanne Delcourt


Le fil de mémoire


Liminaire
de Annie Molin Vasseur


Nancy R. Lange
Carole David
Suzanne Jacob
Madeleine Monette
Hélène Monette
Louky Bersianik
Mireille Cliche
Rachelle Renaud
Francine Déry
Nathalie Stephens
Rose Després
Louise Fiset
Lisa Carducci
Nane Couzier
Nicole Gdalia
Danielle Fournier


Faire sa rue
Via Italia
Cette rue-là
Un argument intime
Personnes dans la rue
Dans la rue
Scarifiée
Bain de foule
Passage secret
Paris ma mort
Rebonds et ruades
Armure-amour
Les rues de ma vie
Chemins de sable
Terre brûlée
Le cinéma de David Lynch


VOIX INTERNATIONALE

Anissa Mohammedi

L'appel d'un temps


LE CHOIX D'ARCADE
Dominique Blondeau — Roman
France Boucher — Poésie
Alexandra Jarque — Théâtre
Ghislaine Théberge — Essai


CARAVANSÉRAIL, un toit de poèmes pour la paix et la démocratie en Afghanistan


Illustration de la couverture
Christiane Joly
Le souffle de l'histoire, 2000, 8,5 x 11 pouces, photogramme numérique.


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