![]() La rue![]() Étonnant voyage aux confins du levant Qu'en est-il de la route, de la rue et du chemin parcouru par chacune? Question posée à ces écrivaines pour qui la voie devient tour à tour « ruga », ride, chemin, avenue, boulevard, sentier... Qu'on fasse sa rue à partir de l'enfance, route tissée de souvenirs et de gestes posés, qu'on déambule dans les artères de quelque ville étrangère, qu'on s'attarde dans une rue famillère, ruelle ou sente, qu'on recherche cette rue-là, passage ou impasse, qu'on se balade de l'intérieur à l'extérieur, de l'extérieur à l'intérieur, qu'on y rencontre des mains tendues, des regards qui quêtent, des vies pétées ou des yeux qui renvoient la lumière, tous ces lieux d'ici, d'ailleurs et de nulle part, connus ou secrets, peuvent n'être que de Cocagne, des lieux d'armure, de blessure, d'amour ou de perte. Qu'on se gagne, qu'on s'égare ou bien qu'on suive attentivement sur quelque carte le nom des carrefours et des chaussées ou bien qu'on se bute à des cailloux ou à des trottoirs bien rectilignes, nous n'en finissons pas d'avancer sur quelque voix tracée dans nos vies, seules ou dans des bains de foule. J'ai suivi avec beaucoup d'émotion tous ces chemins découverts dans les textes de ce numéro et je vous souhaite à tous d'avoir le temps de les lire. Dans cette lente avancée du temps qui fait que chaque mots devient passage, ouvre et mêle tous nos chemin au point qu'on ne sait plus quel croisement choisir sinon celui qui mène à sa propre lecture, à sa propre rue. Annie Molin Vasseur * Extrait de « Le juste temps », poème en cours de publication
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