Pierre Chatillon

Autour de « Bestiaire »

1. Quels sont les principaux thèmes au cœur de ce recueil ?

Comme les fables, ces poèmes utilisent des animaux pour dessiner le portrait de divers humains. Ils ressemblent à des caricatures car, bien que remplis d’humour, ils traitent de problèmes sérieux. Les thèmes sont multiples : l’insatisfaction, l’hypocrisie, l’envie, la jalousie, l’injustice, la censure, la religion, l’impossibilité de sortir de soi.

Lorsque des blessures affectent profondément la vie d’un individu, comme ici l’inceste, les marques que laisse ce traumatisme atteignent tous les aspects de la construction de son identité. C’est ce que j’ai voulu montrer dans ce recueil.

2. Quelles sont les particularités de votre recueil ?

Certainement le ton des poèmes. Ils sont très accessibles et ils sont drôles.

3. En quoi ce livre est-il essentiel ?

Est-ce qu’un livre peut se vanter d’être essentiel? Le mien est un excellent divertissement, doublé d’une invitation à réfléchir à plusieurs problèmes. La qualité de l’écriture, la poésie partout présente apportent au lecteur le plaisir de s’approcher de la beauté.

4. Qu’est-ce qui a inspiré l’écriture des poèmes ?

J’ai toujours observé de près les oiseaux, les fleurs, les bêtes, les insectes. Ainsi que les humains. La nature est ma grande inspiratrice.

5. Suggérez-nous un extrait illustrant l’une ou l’autre de vos réponses.

L’OISEAU  DU  PARADIS

― Je n’ai jamais accepté
d’être une fleur
se plaint l’oiseau du paradis
je suis d’abord et avant tout
un oiseau
bien sûr j’ai des racines
et ne peux m’envoler
bien sûr je ne chante pas
mais faisons fi de ces détails
sans importance
la vérité c’est que
si je me donnais la peine
de pratiquer un peu
je gazouillerais
avec plus d’harmonie et de virtuosité
que le moqueur polyglotte
et personne ne peut nier
que j’ai un bec superbe
à langue rose
une crête orange et des plumes bleues
ornant spectaculairement ma tête
et je suis certain
que même les cardinaux et les bruants
sont jaloux de mes couleurs
pour toutes ces raisons
ma place n’est pas
dans un traité de botanique
et je veux figurer
dans votre Bestiaire

6. Contez-nous une anecdote concernant l’écriture de votre recueil.

Il y a quelques années, en  décembre, chaque soir à la même heure, je voyais passer, devant ma maison, un renard. Il me vint à l’idée de déposer un œuf sur le sol enneigé. Le renard  le prit délicatement avec sa gueule et alla le manger plus loin derrière des buissons. Je recommençai chaque soir en prenant soin de me faire voir. Le renard m’observait, caché derrière les buissons et attendait que je retourne dans ma maison pour soulever l’œuf et l’emporter. Un soir, il vint s’asseoir devant ma porte-patio, comme un chien, espérant que j’apporte l’œuf. Un autre soir, comme je n’avais pas déposé l’œuf, il se mit à glapir, assis devant ma porte-patio. Je devais partir pour la Floride. Si j’avais passé l’hiver ici, je suis persuadé qu’il aurait fini par manger dans ma main. Au lieu de cela, j’ai écrit un poème intitulé LE  RENARD.

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