Lyriques

Terraqué, le premier grand recueil de Guillevic, paraît en 1942, en pleine deuxième guerre mondiale, alors que la poésie française se trouve encore sous le joug de l’esthétique surréaliste. Avant, il y eut quelques poèmes disséminés ça et là dans de petites revues littéraires, grâce à la complicité d’amis comme Jean Follain ou Supervielle. Composé bien avant la date de sa publication – beaucoup de textes datent du début des années trente – , Terraqué annonce l’essentiel de la poétique de Guillevic : concision, dépouillement à l’extrême, réduction au presque rien.

Aujourd’hui, cinquante ans après, on peut, au fil des livres publiés dans la suite – surtout Exécutoire (1947), Carnac (1961), Ville (1969) ou Inclus (1972) – mesurer la distance parcourue. De recueil en recueil, mise à part une brève parenthèse militante ou le souci esthétique passa au second plan (Gagner, Trente et un Sonnets, etc), la sobriété s’est accentuée, est devenue frugale, et l’ellipse, cet antidote contre la métaphore, a définitivement pris le dessus. La poésie de Guillevic, c’est le culte de l’essentiel. Comme dans les inscriptions lapidaires de l’Antiquité ou le haïkaï japonais. Un essentiel décortiqué, ciselé, imprégné des mos de tous les jours. Une poétique à contre-courant. Tel un sculpteur muni de son ciseau, Guillevic, fuyant l’épanchement spontané et incontrôlé au profit de la frugalité, n’a cessé de façonner, inlassablement, une œuvre originale et novatrice.

« Le tournesol s’est trompé :
Il s’est tourné vers moi.

Je vais lui demander
De se tourner vers toi. »

 

 

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Terraqué, le premier grand recueil de Guillevic, paraît en 1942, en pleine deuxième guerre mondiale, alors que la poésie française se trouve encore sous le joug de l’esthétique surréaliste. Avant, il y eut quelques poèmes disséminés ça et là dans de petites revues littéraires, grâce à la complicité d’amis comme Jean Follain ou Supervielle. Composé bien avant la date de sa publication – beaucoup de textes datent du début des années trente – , Terraqué annonce l’essentiel de la poétique de Guillevic : concision, dépouillement à l’extrême, réduction au presque rien.

Aujourd’hui, cinquante ans après, on peut, au fil des livres publiés dans la suite – surtout Exécutoire (1947), Carnac (1961), Ville (1969) ou Inclus (1972) – mesurer la distance parcourue. De recueil en recueil, mise à part une brève parenthèse militante ou le souci esthétique passa au second plan (Gagner, Trente et un Sonnets, etc), la sobriété s’est accentuée, est devenue frugale, et l’ellipse, cet antidote contre la métaphore, a définitivement pris le dessus. La poésie de Guillevic, c’est le culte de l’essentiel. Comme dans les inscriptions lapidaires de l’Antiquité ou le haïkaï japonais. Un essentiel décortiqué, ciselé, imprégné des mos de tous les jours. Une poétique à contre-courant. Tel un sculpteur muni de son ciseau, Guillevic, fuyant l’épanchement spontané et incontrôlé au profit de la frugalité, n’a cessé de façonner, inlassablement, une œuvre originale et novatrice.

« Le tournesol s’est trompé :
Il s’est tourné vers moi.

Je vais lui demander
De se tourner vers toi. »