Romamor

Reprenant la forme du célèbre palindrome latin, le titre Romamor se présente comme une manière d'autodéfinition du projet, évoquant en soi le mouvement d'un va-et-vient à l'intérieur d'une ville : l'Urbs, ou l'antique umbilicus mundi (centre du monde). À l'image d'un sablier, que l'on retourne le temps écoulé, dont les poèmes seraient les cendres d'une voix, d'un centre, cumul de sons et d'images attirés vers leur fin, ce recueil marque avant tout le passage du temps. Plus qu'une «passeggiata romana», le poème s'aventure sur les chemins d'une traversée du miroir, où l'être rejoint l'apparaître, l'ici l'ailleurs, le réel le leurre. L'auteur se déplace à Rome, se retrouve au centre de la ville et de lui-même, à l'échangeur d'un double mouvement : horizontal, il rend compte de l'espace qui l'environne et qui défile, par la fenêtre panoramique d'un train par exemple – ce qui l'amènera à Venise, autre lieu de miroîtement – ; et vertical, stratigraphique, où il plonge dans son être, ce qui lui permettra de reconstruire sa propre histoire. Il oppose le souffle et la fugacité de sa voix à l'éternité du propos, à l'ancrage de l'écriture : elle en est le plan avant la fondation. Ainsi, «ce que l'on pense en marchant, le lieu l'avait déjà pensé».

« Lire un livre tel l’aruspice
interprète les entrailles d’un rossignol
puis prendre les augures »

 

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Reprenant la forme du célèbre palindrome latin, le titre Romamor se présente comme une manière d'autodéfinition du projet, évoquant en soi le mouvement d'un va-et-vient à l'intérieur d'une ville : l'Urbs, ou l'antique umbilicus mundi (centre du monde). À l'image d'un sablier, que l'on retourne le temps écoulé, dont les poèmes seraient les cendres d'une voix, d'un centre, cumul de sons et d'images attirés vers leur fin, ce recueil marque avant tout le passage du temps. Plus qu'une «passeggiata romana», le poème s'aventure sur les chemins d'une traversée du miroir, où l'être rejoint l'apparaître, l'ici l'ailleurs, le réel le leurre. L'auteur se déplace à Rome, se retrouve au centre de la ville et de lui-même, à l'échangeur d'un double mouvement : horizontal, il rend compte de l'espace qui l'environne et qui défile, par la fenêtre panoramique d'un train par exemple – ce qui l'amènera à Venise, autre lieu de miroîtement – ; et vertical, stratigraphique, où il plonge dans son être, ce qui lui permettra de reconstruire sa propre histoire. Il oppose le souffle et la fugacité de sa voix à l'éternité du propos, à l'ancrage de l'écriture : elle en est le plan avant la fondation. Ainsi, «ce que l'on pense en marchant, le lieu l'avait déjà pensé».

« Lire un livre tel l’aruspice
interprète les entrailles d’un rossignol
puis prendre les augures »

 

Depuis Romamor, paru aux Écrits des Forges en 1999, il a publié cinq recueils de poésie et a remporté le Prix international de la poésie de Trois-Rivières pour Qu’une lueur des lieux (l’Hexagone, 2010). Il a fait paraître des traductions de l’italien vers le français, notamment Instructions pour la lecture d’un journal, de Valerio Magrelli (Écrits des Forges/Phi, 2005), qui lui a valu le Prix de traduction John-Glassco. Ses livres ont été traduits en italien, en anglais et en espagnol. Il est membre du comité de rédaction de la revue de poésie Exit.

ISBN : 2-89046-514-4
PUBLICATION : 1999-01-01
LANGUE : français
PAGES : 92
DIMENSIONS : 12,8 x 20,3 x 0,6
STATUT : Disponible